Le poète

De tes mains partit le vide

et l'oiseau vent venant de la nuit

agrippa comme n'est jamais parti le mot

avec l'autre matière, celle plus possible

recouverte et découverte après que

bien longtemps ton corps s'égoutta.

Je ne fais pourtant qu'apparaître

aux portes de la nuit comme un compas

blessé, tête meurtrie, tête enfouie

dans l'engrais des fumiers.

Et puis la poignée accrue

la poignée tendue

le repos mérité de la tête endormie.

Derrière les arbres du silence et de la solitude,

dis, bel arbre,

derrière mes yeux,

mon silence,

cette solitude qui ne se veut désespérée,

vous les hommes que je ne veux désespérés,

où est le chant ?

Ô bel arbre, silence et solitude.

Ma main est faite à l'image des mains.

J'ai un immense besoin d'amour.

Qu'avais-je à écrire sans savoir ?

Qu'avais-je à savoir ?

Sous les arbres les nuages descendent

En escalier d'argent

D'argent terne puisqu'on ne doit

plus voir le brillant d'horizon.

Pourtant, c'est sous les pas que se cache

l'horizon et que le vrai n'atteint pas

son espace où se cache la vérité.

Alors je marche sous moi-même

Comme un fantôme qui se connaît

Comme un masque de plante qui se lève